Belval

Belval, un monument – mais surtout un site d’avenir

Les hauts fourneaux de Belval  (A & B) sont les deux derniers hauts fourneaux du Grand-Duché de Luxembourg, même s’ils ne sont plus opérationnels. Ils témoignent d’une période importante de l’histoire du pays, de son émancipation économique et de l’émergence d’une nation portée par le développement de l’industrie sidérurgique.

Les 2 hauts fourneaux de Belval ont été inscrits en date du 18 juillet 2000 dans l’Inventaire Supplémentaire des Sites et Monuments Nationaux entérinant la volonté du gouvernement de conserver ce patrimoine national. Depuis le 4 juillet 2014, le haut fourneau A peut ainsi être visité, soit en visite guidée soit en accès libre.

Le haut fourneau A bénéficie d’un hall d’entrée où sont installés des écrans de projection. En empruntant les escaliers longeant l’ancien réacteur sous pression, on peut accéder le haut du haut fourneau dominant le site. Chaque étage comprend des panneaux d’information relatifs au fonctionnement de l’usine, et il est possible de circuler autour du réacteur. Le dernier étage propose un panorama époustouflant sur Belval.

Le site des hauts fourneaux fait partie des cinq attractions reliées par l’itinéraire touristique “Minett Tour – from earth to steel“.

Mais Belval n’est pas seulement un monument national, il constitue l’un des projets de développement urbanistiques actuels les plus importants et les plus ambitieux en Europe. Sur les terrains d’environ 120 hectares de ce qui était autrefois la plus grande aciérie du Luxembourg, la recherche et l’enseignement, le travail et les loisirs, l’industrie et le commerce, l’habitat et la culture se fondront pour former un mélange vivant. La société de développement Agora ainsi que le Fonds Belval, un établissement public, réalisent ce nouveau site sur la base d’un plan d’aménagement général de Jo Coenen Architects de Maastricht.

La « Cité des Sciences » constitue le projet directeur de Belval. Le projet, estimé à environ 950 millions d’euros pour la première phase de construction, prévoit la construction d’environ 20 immeubles neufs sur le terrain de la terrasse des hauts-fourneaux et accueille l’Université du Luxembourg ainsi que des centres de recherche extra-universitaires et des entreprises start-up.

Ne ratez pas l’exposition “Cité des Sciences” et la visite du haut fourneau !

Un peu d’histoire:

Une usine intégrée: Adolf-Emil-Hütte

En 1907, la compagnie « Gelsenkirchener Bergwerks AG » décida de construire une nouvelle usine. Les frères Adolf et Emil Kirdorf n’ayant pu acquérir le terrain nécessaire à leur projet sur la commune lorraine de Russange en France, ils se tournèrent vers la municipalité d’Esch-sur-Alzette, dont le maire, l’industriel Léon Metz, se déclara prêt à leur céder la parcelle boisée du Clair-Chêne. Située entre Esch-sur-Alzette et Belvaux, l’usine Adolf-Emil, construite de 1909 à 1912, intégrait toutes les étapes de la production de l’acier, de la préparation du minérai au produit fini, et disposait de hauts-fourneaux, d’aciéries et de laminoirs. Elle s’étendait sur un terrain de 222 ha. Six hauts-fourneaux d’une capacité de production journalière de 200 tonnes chacun, une gigantesque soufflerie, une aciérie Thomas avec deux mélangeurs (800 t) et quatre convertisseurs (18 t) ainsi qu’un laminoir à six coulées permettaient une production d’une grande diversité, des produits intermédiaires vendus à l’extérieur (lingot et barres) aux produits finis sortant des laminoirs (poutrelles, fers en U, fers profilés, palplanches, ferronneries hors gabarit). En 1913, les 3.131 ouvriers (dont 65% d’étrangers) produisirent 400.000 tonnes de fonte, 360.000 tonnes d’acier et 297.000 tonnes de produits laminés.

Une usine moderne: ARBED Esch/Belval

L’usine fut modernisée à grands frais dans les années 1960. Trois nouveaux hauts-fourneaux remplacèrent les six éléments d’origine. Le haut-fourneau A, d’une capacité de production journalière de 2300 tonnes, date de 1965. Les hauts fourneaux B (3000 t) et C (4000 t) suivirent respectivement en 1969 et 1979. La nouvelle aciérie LD-AC (Linz-Donawitz- ARBED – Centre de Recherche) avec ses deux convertisseurs de 125 tonnes fut construite en 1967. En 1973, peu avant la crise, cette usine intégrée comptait 6.875 ouvriers et 1.006 employés et connaissait sa plus forte production annuelle : 1.782.000 tonnes d’acier et 1.513.000 tonnes de fer.

Du haut fourneau au four électrique

La crise de l’acier des années 1990 contraignit le groupe ARBED à des restructurations techniques. Les hauts fourneaux s’éteignirent les uns après les autres; le dernière coulée symbolique eut lieu le 31 juillet 1997 au haut fourneau B à Esch-Belval marquant la fin d’une grande époque, celle des hauts fourneaux du pays. La production d’acier s’effectuait alors dans des fours électriques, alimentés en mitraille. La mise en service d’un four électrique fabriqué par Mannesmann Demag Hüttentechnik (MDH) d’un diamètre de 7,6 mètres et d’une capacité de 155 tonnes eut lieu en mai 1997, après celle du nouveau laminoir construit par SMS/Paul Würth (septembre 1996) dont la production se décline depuis en trois formats : barres, lingots et poutrelles.

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